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Dossier Cannabis médical et Sclérose en plaques Pascal Douek – 13 octobre 2020

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Le cannabis médical sera enfin accessible en France au plus tard fin mars 2021 dans le cadre d’une expérimentation qui vise à évaluer son utilisation dans le soulagement des symptômes de plusieurs maladies dont la sclérose en plaques. Le cannabis (plante cannabis sativa L.) a été utilisé pendant des milliers d’années à des fins médicales par les médecins des civilisations anciennes (Chine, Inde, Egypte, Grèce et Rome antique) puis en occident au 19ème siècle par les médecins et pharmaciens. Ses indications étaient nombreuses, les principales étant la douleur, les spasmes, les crises d’épilepsie, les nausées-vomissements et les pertes d’appétit. Après une longue période d’oubli et de prohibition au 20ème siècle, le cannabis connaît aujourd’hui un fort regain d’intérêt auprès des malades, des médecins, de la communauté scientifique et des politiques. Suite aux pressions des malades qui ont rapporté un soulagement notable de leurs symptômes et du soutien du corps médical, des premiers pays ont autorisé l’accès au cannabis médical. Ce fut le cas du Canada en 2001, des Pays-Bas en 2003, de l’Israël en 2006. Aujourd’hui, ce sont plus de 40 pays dans le monde et 22 pays d’Europe qui l’autorisent. Le cannabis médical c’est quoi ? Pour bien comprendre le cannabis médical, il faut savoir qu’il existe 4 différents usages et catégories de cannabis.

Le cannabis récréatif, le plus connu et le plus consommé. Sa vente et son achat en France sont illégaux, et sa possession est répréhensible par la loi. Les variétés de cannabis récréatif qui sont vendues au marché noir sont principalement la résine de cannabis (haschisch) et l’herbe de cannabis (fleurs séchées brutes). Elles ont fait l’objet ces dernières années, de multiples sélections dans le but d’obtenir des concentrations élevées, voire très élevées, en THC, l’actif psychoactif du cannabis. Le cannabis bien-être correspond à des produits riches en CBD (cannabidiol, le 2ème actif connu dans le cannabis) et dépourvus de THC. Ces produits, qui sont aujourd’hui en vente libre en France, dans des boutiques spécialisées ou sur internet, sont commercialisés pour un bénéfice principalement bien-être (sommeil et anxiété). Le cannabis pharmaceutique correspond à des médicaments produits soit à partir d’extraits naturels de la plante, soit de cannabinoïdes de synthèse. Au même titre que tout médicament, ces produits ont fait l’objet d’un développement rigoureux et d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). 3 médicaments ont obtenu une AMM en France. Deux sont des extraits de la plante cannabis (le Sativex®* dans la sclérose en plaques, l’Epidyolex® dans l’épilepsie sévère de l’enfant) et un est une molécule de synthèse du THC (le Marinol® dans les douleur neuropathiques sévères). Enfin et c’est celui qui nous intéresse, le cannabis médical se caractérise par l’utilisation de différentes variétés de la plante cannabis, sélectionnées pour leur composition et leur teneur en actifs, dans l’objectif de soulager les malades.

L’utilisation de la plante présente l’avantage d’offrir le spectre complet des actifs du cannabis, ils sont près de 500, ce qui laisse espérer une plus grande efficacité. Selon les variétés utilisées, la composition en actifs varie ainsi que l’effet médical. Le cannabis médical est cultivé, récolté, transformé et conditionné sur les mêmes standards que le médicament avec un haut niveau de contrôles qualité. La sclérose en plaques, une indication phare du cannabis médical La sclérose en plaques est une des indications phares du cannabis médical puisqu’elle fait partie des indications retenues dans les principaux pays utilisateurs. Les symptômes sur lesquels le cannabis peut procurer un soulagement sont les douleurs neuropathiques et la spasticité. Les douleurs sont un des symptômes invisibles les plus fréquents dans la sclérose en plaques, affectant jusqu’à 86 % des personnes atteintes à un moment ou l’autre de la maladie. Plus d’un tiers des personnes atteintes de sclérose en plaques souffrent de spasticité grave. Celle-ci se manifeste par une raideur musculaire et des contractures, souvent involontaires et qui peuvent être douloureuses Dans cette indication, le cannabis plante a démontré dans les études scientifiques réalisées une efficacité réelle mais toutefois modérée sur la douleur et la spasticité. Son utilisation après échec des médicaments opiacés, des antiépileptiques et des antidépresseurs permet en général aux malades de reprendre leurs activités antérieures sans effets secondaires.

Seules certaines variétés de cannabis apportent un soulagement, celles dont le taux des 2 principaux actifs, le THC et le CBD ont un ratio de 1:1, soit une concentration équivalente. Il est indispensable que des études cliniques soient menées sur la spasticité douloureuse avec un nombre de patients plus important et une méthodologie rigoureuse. Ces études devront évaluer le cannabis médical à base de plantes, en étudiant différentes variétés, différentes présentations et différentes voies d’administration. L’expérimentation cannabis médical en 2021, comment ca marche ? L’expérimentation en France a retenu 5 situations cliniques : les douleurs neuropathiques, les crises d’épilepsie sévères, la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques, les effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuse et les soins palliatifs. Elle s’adressera à 3000 patients, insuffisamment soulagés par les traitements existants. Sur ces 3000 patients, on peut estimer qu’environ 500 patients atteints de sclérose en plaques seront inclus dans l’expérimentation, ce qui est bien évidemment peu compte tenu du nombre de malades. Les patients éligibles seront sélectionnés et inclus dans l’expérimentation par les centre de références hospitaliers.

Pour la sclérose en plaques ce sont les 23 centres de ressources et de compétences, qui se sont portés volontaires et qui feront la sélection des patients et la prescription. Les produits seront délivrés dans les pharmacies hospitalières voire dans certaines officines de ville qui se seront portées volontaires. Seuls les professionnels de santé volontaires pour participer à l’expérimentation seront habilités à prescrire ou à délivrer du cannabis médical. Ils auront été préalablement formés par e-learning. Concernant les modes d’administration, la forme fumée (cigarette, joint) est exclue en raison de ses risques pulmonaires et cardiovasculaires. Seront utilisées les formes vaporisées (fleurs séchées utilisées avec un vaporizer), les huiles utilisées en sublingual et les gélules. 4 à 5 variétés différentes seront disponibles permettant aux médecins de soulager différents symptômes. L’expérimentation, puis je en faire partie ? Pour être éligible à l’expérimentation, il faut souffrir de spasticité douloureuse, rebelle aux traitements existants (antispastiques, toxine botulique, kinésithérapie, …). Si vous souhaitez faire partie de l’expérimentation et si vous êtes suivi dans un centre de référence de la sclérose en plaques, il vous suffit d’en parler à votre médecin spécialiste, il sera à même de vous confirmer votre inclusion, dans le cas bien sûr où vous répondez aux critères qui ont été définis. Si vous n’êtes pas suivi dans un centre de référence, vous devrez en parler avec votre médecin spécialiste qui pourra vous adresser à un des centres de référence. * le Sativex® n’est pas commercialisé en France en raison d’un désaccord sur le prix entre le laboratoire pharmaceutique et les autorités de santé Dr Pascal Douek, médecin, patient expert, parrain Sep’Avenir, expert membre du comité scientifique cannabis médical en 2018-2019 et auteur du livre « Le Cannabis Médical, une nouvelle chance » sorti le 10 septembre 2020 aux Editions Solar. #canabisthérapeutique

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